Search & Find

JSPS OB Témoignage

Vous êtes ici : Accueil   >   Les bourses de la JSPS   >   JSPS OB Témoignage

Postdoctoral Fellowship (Standard) (Dorian McILROY)

JSPS visite : Université de Nantes (19 novembre 2013)

Nom: Dorian McILROY
Post actuellement occupé: Maître de Conférences
Programme JSPS: Bourse EU-JSPS
Durée: du  1/12/1997  au 31/08/1999
Sujet de recherche: Biochimie de l'apoptose
Poste d’accueil au Japon: Université d'Osaka, Prof. Shigekazu NAGATA 

1. Présentation de votre institute/ laboratoire

L'Université de Nantes est une université pluridisciplinaire, avec plus de 30 000 étudiants (avec environ 10% d'étudiants étrangers). 

En sciences biomédicales, les laboratoires de recherche sur le campus santé sont reconnus dans les domaines de l'immunologie, le cancer, la transplantation, les maladies cardiovasculaires, et les thérapies cellulaire et génique. http://www.sfrsante.univ-nantes.fr/

2. Expériences au Japon et autres commentaires

J'ai choisi le Japon pour mon premier post-doc, car j'avais déjà eu l'occasion de visiter le pays lors du Congrès International sur le SIDA en 1994, qui s'est tenu à  Yokohama. De plus, je savais que le niveau de recherche était excellent au Japon.

L'ambiance au laboratoire était très différente au Japon. C'est un cliché (mais néanmoins vrai) que l'intégration dans le groupe est très important pour travailler de façon efficace, et pour développer des amitiés avec les collègues et étudiants. Il était donc important d'assister à toutes les réunions du laboratoire (même si mon niveau de japonais ne me permettait pas de tout comprendre), et d'effectuer fastidieusement ma part des taches collectives. En revanche, je n'étais pas obligé d'adopter le même rythme de travail que mes collègues - en gros, tout le monde travaillait tous les jours jusqu'à 21h-22h, avec une pause repas vers 17h-18h – et tant que mon projet avançait correctement, le fait de partir relativement tôt (vers 19h30) ne m'était jamais reproché. A condition de bien s'intégrer, on se trouve invité à un tas d'activés sociales - des soirées en ville, des weekend pour faire du ski, ou partir à la pêche, des pique-nique sous les cerisiers en fleurs, des visites à l'onsen - ensemble avec les collègues du laboratoire, qui deviennent vite de bons amis.

Un événement dont je me souviens bien au laboratoire, était une dispute avec le personnel chargé de l'enlèvement des déchets. Pendant cette dispute, le personnel avait imposé un système invraisemblable à la totalité de la Faculté de Médecine. Avant de déposer des sacs poubelles, il fallait d'abord les stériliser à l'autoclave, et ensuite les ouvrir, et trier plastiques, papiers et autres types de déchets dans les sacs distinctes. Puis, on devait descendre les différents sacs, et un employé de l'université vérifiait scrupuleusement que l'on avait tout bien trié, avant de nous laisser déposer les différents sacs-poubelle dans le local de stockage. Un jour, c'était mon tour pour descendre les poubelles, et je suis arrivé en même temps que le camion de la déchetterie municipale. J'ai donc pu observer les employés de la Faculté de Médecine sortir tous les sacs que nous avions mis tant de temps à trier, et les balancer en vrac dans la gueule du camion-poubelle, où tout était re-mélangé. Tout ce travail parfaitement inutile m'a mis pas mal en colère, et j'étais vraiment très étonné – stupéfait même - de constater que personne d'autre ne trouvait cela anormal. 

Et la moralité de l'histoire? Je pense que nous pourrions apprendre aux japonais comment râler un peu plus – d'ailleurs, ça devrait être la mission principale des chercheurs français au Japon!


Postdoctoral Fellowship (Standard) (Yann TERNOIS)

JSPS visite : Aix-Marseille Université (19 septembre 2013)

Nom : Yann TERNOIS
Post actuellement occupé: Enseignant-Chercheur
Programme JSPS: Postdoctoral Fellowship
Durée: Environ 2 ans (du 1er Juin 1997 au 31 Août 1999)
Sujet de recherche: Géochimie organique moléculaire et isotopique
Poste d’accueil au Japon: Institution : Institute of Low Temperature Sciences, Directeur de laboratoire : Pr. Kimitaka Kawamura

1. Présentation de votre institute/ laboratoire

Le CEREGE, Centre de Recherche et d’Enseignement de Géosciences de l’Environnement rassemble environ 140 personnels permanents (Enseignants-Chercheurs, Chercheurs, Ingénieurs, Techniciens et Administratifs). C’est une unité mixte dont les tutelles sont l’Université Aix-Marseille (la plus grande université francophone regroupant plus de 70000 étudiants), le CNRS et l’IRD, avec un partenariat avec le collège de France.Par ses approches théoriques, méthodologiques et technologiques, le CEREGE est un lieu de forte interdisciplinarité. Les thèmes et objets d’études sont nombreux (Planétologie, géodynamique, climatologie, géoarchéologie, pétrologie, hydrogéologie, pédologie, matériaux et rhéologie).

Plus d’informations sont disponibles sur https://www.cerege.fr 

2. Expériences au Japon et autres commentaires

Après avoir soutenu ma thèse à Paris dans un domaine sensible de la géochimie moléculaire, j’ai voulu poursuivre ma formation dans un laboratoire de pointe, reconnu au plan international pour son excellence en recherche, et aussi très bien équipé. Ce dernier aspect était pour moi primordial, car j’avais pour objectif de développer et d’appliquer à l’environnement des techniques d’analyse encore exploratoires à l’époque. Parmi les laboratoires hôtes possibles, j’ai choisi le laboratoire de géochimie organique et chimie de l’atmosphère dirigé par le pr. K. Kawamura, au sein de l’Institute of Low Temperature Sciences de l’Université d’Hokkaido, à Sapporo.

Pendant environ deux ans, j’ai donc poursuivi ma formation dans cet institut, et pu découvrir cette ville un peu particulière du Nord du Japon : paisible, spacieuse, festive, et hivernale, mais aussi très anglo-saxonne dans son plan d’urbanisation en blocks (mon adresse était, je me souviens Nord 18, Ouest 3). Autre surprise : l’hiver! 9 mètres de neige s’y accumulent de  fin octobre au début avril, si bien que toute tentative pour déneiger les routes est vouée à l’échec, et que voitures et piétons circulent entre les congères sur des chaussées englacées. Pour se réchauffer, on suit les gens du coin qui connaissent bien les échoppes du quartier de Susukino où l’on sert des ramens brûlantes, ou bien les bars à saké d’Odori. Comme à Tokyo, on parle anglais, c’est pratique au début du séjour.

Plusieurs choses m’ont marqué dans mon institut. La première : l’extrême motivation des étudiants en Master, qui en fin d’année dormaient au laboratoire avec leur sac de couchage. La deuxième : la grande disponibilité des professeurs assistants et des techniciens qui m’ont toujours épaulé, surtout dans ces moments pénibles où il me fallait comprendre des notices d’utilisation d’appareils d’analyse rédigées en japonais... La troisième, l’importance des événements sociaux comme la cérémonie du thé après chaque séminaire auquel tout le monde participait.

Dans la ville, indéniablement, ce qui m’a touché le plus est la floraison des sakura au printemps, et puis peut être la très grande civilité de la population.

Je continue à collaborer avec mes collègues japonais, avec notamment le Pr. Kawamura et le Dr. Osamu Seki, dans le cadre d’échanges scientifiques (un séjour de 4 mois de nouveau à Sapporo il y a deux ans), de programmes internationaux, avec toujours le même souci de rédiger des publications communes ayant trait à l’étude des changements climatiques au Pléistocène récent.

Aux futurs boursier, je conseillerai simplement l’apprentissage de la langue qui est belle et pas si difficile que ça à apprendre. Un peu de japonais usuel en plus de l’anglais obligatoire dans la conversation et les portes s’ouvrent. 


Postdoctoral Fellowship (Short-term) (Jean-Baptiste FILIPPI)

JSPS visite : Université de Corse (20 juin 2013)

Nom : Jean-Baptiste Filippi
Poste actuellement occupé : Chargé de Recherches au CNRS
Programme JSPS : JSPS Postdoctoral Fellowship (Short-term)
Durée : 9 mois (du 03/2004 au 12/2004)
Sujet de recherche : Simulation numérique de la derive d’algues
Poste d’accueil au Japon : (Institution) Ocean Research Institute, The University of Tokyo(Chercheur) Prof. Teruhisa KOMATSU

1. Présentation de votre institut

L’UMR Sciences Pour l’Environnement 6134 est une Unité de Recherche mixte (CNRS, Université de Corse) pluridisciplinaire dont le projet scientifique repose sur la maîtrise, la gestion et l’exploitation des ressources naturelles ainsi que la compréhension de la dynamique des systèmes naturels complexes.

Le laboratoire est composé de 64 chercheurs ou enseignants/chercheurs, 51 doctorants, 25 post-doctorants et chercheurs sous contrats et 15 ITA, les thématiques de recherche sont développées au sein de cinq projets et d’une équipe de recherche fondamentale.

- Projet EnR : Energies renouvelables ;
- Projet FEUX : Feux de forêts ;
- Projet RN : Ressources naturelles ;
- Projet GEM : Gestion et valorisation des eaux en méditerranée ;
- Projet TIC : Technologies de l’information et de la communication ;
- Equipe COMA : Champs, Ondes et Mathématiques Appliquées.

2. Expériences au Japon et autres commentaires

J’ai effectué un post-doc (bourse courte JSPS) de 9 mois en 2004 à l’Ocean Research Institute, Université de Tokyo, dans une équipe d’écologie marine comportementale dirigée par le professeur Teruhisa Komatsu.

Au-delà de l’attrait culturel pour un pays aussi rayonnant que le Japon, c’est surtout la grande qualité des recherches effectuées à l’Université de Tokyo et l’opportunité de développer un sujet dans un laboratoire reconnu qui a poussé à développer ce projet la demande de financement. Mon superviseur (Teruhisa Komatsu) m’a réservé un accueil parfait, épaulé par les services administratifs de l’institut, les démarches ont été simplifiées avant le séjour comme sur place. Il est aisé de trouver un appartement meublé à Tokyo, et les membres du laboratoire, comme les étudiants ont pris beaucoup de leur temps pour m’expliquer le fonctionnement quotidien au japon pendant le temps de l’installation (banque, immigration, sport).

L’équipe (étudiants, professeurs, chercheurs, administratifs) m’a tout de suite intégré en son sein et fait participé aux nombreux évènements (karaoké, matchs de football quotidien, sorties dans des restaurants).

S’il faut en trouver, il y avais quelque points gris, le niveau en anglais de certains étudiants et des membres du laboratoire était assez moyen. J’ai cependant suivi une formation accélérée en japonais ce qui m’a donné l’opportunité de tenir de petites conversations au bout de 3 mois. Au final, j’ai bénéficié d’excellentes conditions de travail, et pouvait bénéficier du soutien de tous au moindre problème. 

J’ai aussi adoré la vie au Japon, ce pays est magnifique, et il est très simple de s’y déplacer très rapidement. La vie y est extrêmement sûre, et il suffit de se promener à vélo dans n’importe quelle ville pour être émerveillé et étonné à chaque coin de rue. La nourriture quotidienne et de fête est à la hauteur de sa réputation, et contribue certainement au sentiment de bien être que l’on ressent au Japon.

Professionnellement, ce post-doc a ouvert beaucoup de portes, surtout venant d’une petite université comme l’université de Corse, il est évident que ce séjour a grandement étoffé mon « Dossier » et m’a permis d’être recruté dans un grand centre international de calculs météo, puis comme chargé de recherche au CNRS (où la première question du dossier était « avez-vous effectué un post-doctorat à l’étranger»).

                                                                                                                          - juillet 2013

 

Photo : 
Tanue, étudiant de notre groupe sur le toit de l’Institut.
Au JAMSTEC, Yokohama, devant l’Earth Simulator, plus puissant ordinateur du monde en 2004 que nous avons utilisé pour ses sorties de simulation de courants marins OFES.


Postdoctoral Fellowship (Short-term) (Stephane DELLIAUX)

JSPS visite : Aix-Marseille Université (18 janvier 2013)

Nom : Stephane DELLIAUX
Poste actuellement occupé : Praticien Hospitalier Universitaire (Assistant Professor, MD-PhD)
Programme JSPS : Post-Doctoral Short Term Fellowship
Durée : 12 mois, du 15 mai 2009 au 14 mai 2010
Sujet de recherche : Physiologie de la circulation sanguine et sa régulation
Poste d’accueil au Japon : Institute of Health and Sport Science of the University of Tsukuba, Tsukuba, Japan / Pr. Takeshi NISHIYASU

1. Présentation de votre institution / laboratoire

Je travaille actuellement dans l’Unité Mixte de Recherche Ministère de la Défense n°2 (UMR MD2, dysoxie – suractivité) de la Faculté de Médecine de Marseille qui a pour objectif d’étudier les conséquences physiologiques et physiopathologiques d’une oxygénation anormale au repos ou à l’exercice. Ce laboratoire fait partie d’Aix-Marseille Université. http://www.univ-amu.fr/

Aix-Marseille Université (AMU) est aujourd’hui la plus grande université française, en terme d’étudiants et de budget, et fait partie des huit sites universitaires français d’excellence. AMU propose une formation vaste et multidisciplinaire, et couvre tous les domaines : Arts, Lettres, Langues, et Sciences Humaines; Droit et Sciences Politiques; Économie et Gestion; Santé et Médecine; Sciences et Technologies; Formation des maîtres. Classée ans la tranche 102-150ème par le classement de Shanghai, AMU attire déjà 10000 étudiants étrangers. Résolument tournée vers l’avenir, AMU a tout pour plaire.

2. Expériences au Japon et autres commentaires

Après m’avoir dit bonjour, s’être présenté à moi, et s’être assuré que le voyage s’était bien déroulé, la première question que mon professeur hôte japonais m’a posée a été « Pourquoi as-tu choisi le Japon »? Je lui ai répondu que j’étais chercheur dans l’âme, et qu’à ce titre j’étais avide de connaissances et expériences nouvelles, tant professionnelles que personnelles. Ainsi, par son excellence scientifique d’une part et par sa civilisation et culture uniques d’autre part, le Japon s’est naturellement imposé à moi. Cette singularité nippone fait du Japon un autre monde, pour nous occidentaux. Rien n’est l’opposé de ce que nous connaissons, tout est différent. Au niveau professionnel, c’est surtout la façon d’aborder une problématique, l’angle d’approche que j’ai trouvé particulièrement intéressant. Par ailleurs, il est évident que l’investissement au travail des japonais n’est pas qu’un mythe : présentéisme, professionnalisme, perfectionnisme etc. La participation à des congrès internationaux, la présentation de conférences sur invitation et la rencontre d’autres équipes japonaises de recherche fait partie des expériences professionnelles qui ont été facilitées par mon professeur hôte. Quant au niveau plus personnel, autant dire que tout acte de la vie quotidienne est une aventure, de la simple promenade dans les rues nippones aux courses alimentaires plus surprenantes encore… Malgré un emploi du temps professionnel bien chargé, le week-end et les jours fériés étaient mis à profit pour explorer le Japon. Nous avons pu visiter les grandes villes (Tokyo, Kyoto, Osaka, Kobe, Hiroshima, Sapporo etc.), découvrir les pistes de ski japonaises, mais aussi découvrir les tournois de Sumo, les entrainements de kendo, les festivals traditionnels (matsuri) et même gravir le sommet du Mont Fuji. Ceci dit, certaines expériences sont plus fortes que d’autres. Deux ont été particulièrement intenses. La première a été, en marge d’un congrès, la discussion pendant toute une nuit avec le petit-fils d’un kamikaze japonais de la seconde guerre mondiale sur sa vision de l’époque et du geste de son grand-père. La seconde, plus forte encore et probablement l’une des plus profondes de ma vie, a été ma rencontre avec Hiroshima : vue du dôme atomisé, visite du mémorial de la paix, rencontre avec un survivant et discussion pendant plus de 2h. Le Japon ne peut laisser indifférent. On adore ou on déteste. Personnellement, j’ai adoré. Et en un an sur place, je n’ai rencontré personne qui a détesté. C’est pour cela que le lien que j’ai établi avec le Japon doit rester pérenne et que je continue donc à communiquer et collaborer avec mes amis japonais. Certains sont eux-mêmes partis en post-doc à l’étranger (Dr. Fuijii, University of Oregon), d’autres ont été nommés « Associate professor » (Dr. Ichinose, Meiji University) ou « full professor » (Dr. Nishiyasu, Tsukuba University). Trois ans après mon séjour, nous continuons à exploiter les données des travaux réalisés ensemble, et préparons encore des publications communes. J’ai invité mes anciens collègues japonais à visiter mon laboratoire et mon institution d’origine, chose qu’ils ont accepté volontiers, mais qui reste encore à organiser. Enfin, nous nous rencontrons aussi régulièrement lors de conférences internationales. Les liens tissés lors de ce séjour sont des liens tout autant personnels que professionnels. Et si je devais résumer mon séjour et m’adresser aux futurs Fellows de la JSPS, je leur dirais ce proverbe japonais : « Toute rencontre est importante, car elle est peut-être unique » et rajouterais « avec le Japon, elle le sera forcement ». Enfin je finirais par une phrase chère aux japonais, « please enjoy ! ».

                                                                                                                        -janvier 2013

Some experiments After work


Frontiers of Science Program (Jérôme DINET)

JSPS visite : Université de Lorraine (4 juillet 2012)

Nom : Jérôme DINET
Poste actuellement occupé : Maître de conference - HDR
Programme JSPS : Frontiers of Science Program

1. Présentation de votre institut

Mon laboratoire s’appelle ETIC et va devenir le « groupe de recherche PERSEUS » à partir de 2014. Mon laboratoire est localisé sur le campus de Metz, l’un des campus de l’Université de Lorraine, dans le nord-est de la France, i.e. idéalement situé au centre de l’Europe. Nos préoccupations scientifiques concernent d’une part, l’étude des processus cognitifs et interactifs lors des interactions sociales et technologiques et d’autre part, l’étude des publics à besoins spécifiques (e.g. enfants, jeunes enfants, personnes handicapées, personnes âgées, immigrants, consommateurs, …) lors de leurs activités professionnelles, d’éducation ou liées à la santé. Les membres du laboratoire sont issus de la psychologie, de l’ergonomie et de l’informatique. Nos principaux objectifs sont (1) d’analyser les raisons des difficultés des usagers en utilisant des modèles essentiellement issus de la psychologie cognitive ou sociale, (2) d’utiliser ces modèles pour concevoir des systèmes ou des services avant d’évaluer leurs dimensions ergonomiques lors d’expérimentations ou de situations écologiques, et (3) d’étudier les modifications psychologiques et sociales liées à l’implémentation de ces systèmes dans leur contexte d’usages.

2. Expériences au JFFoS

J’ai participé au JFFoS (à Nice, en janvier 2012) afin d’échanger avec des collègues français et japonais issus des sciences de l’ingénieur et de l’informatique autour des questions liées au design et l’utilisablité de systèmes innovants destinés aux jeunes usagers et aux personnes âgées. Durant cette JFFoS, les discussions ont été extrêmement riches et j’ai énormément appris de choses (e.g. sur la méthode de « Kansei engineering », le design « à la japonaise » des sites Web, les interactions « Homme-Robot »). Depuis cette JFFoS, j’ai établi de nombreux contacts avec des collègues japonais intéressés par les mêmes thématiques que moi. Récemment, nous avons d’ailleurs proposé plusieurs programmes de recherche et publié ensemble plusieurs articles scientifiques. Ce sont les raisons pour lesquelles j’invite vivement mes collègues français à participer à ces JFFoS.


Postdoctoral Fellowship (Standard) (Jean SUISSE)

JSPS visite : Université de Bourgogne (19 novembre 2012)

Nom : Jean SUISSE
Poste actuellement occupé : Maître de Conférences (CNU 32)
Programme JSPS : JSPS Post-Doctoral Fellowship Program (Standard)
Durée : 10 mois (du 02/11/2009 au 26/08/2010)
Sujet de recherche : Étude de la mobilité des porteurs de charge en milieu auto-organisé (phases cristal liquides et cristal liquide ioniques)
Poste d’accueil au Japon : (Institution) AIST du KANSAI (Ikéda, Préfecture d’Osaka)
(Chercheur) Professeur Yo Shimizu

1. Présentation de votre institut

Situé dans la ville d’Ikéda, à 20 minutes d’Osaka, le centre national « Advanced Industrial Science and Technology » (AIST) du Kansai est une institution de recherche publique interdisciplinaire qui regroupe de nombreux laboratoires aux activités variées en lien avec le monde académique et l’industrie. Le groupe « Synthetic Nano-Function Materials » dans lequel j’ai eu la chance d’effectuer mon stage post-doctoral est dirigé par le Dr. Yo Shimizu, dont les recherches se concentrent sur la synthèse et l’étude de matériaux ou de systèmes aux propriétés singulières qui peuvent être obtenus en contrôlant l’ordre statique et dynamique d’agrégats atomiques et moléculaires.

AIST du Kansai   http://www.aist.go.jp
Synthetic Nano-Function Materials group
  http://unit.aist.go.jp/ubiqen/gsn/index_e.html

2. Expériences au Japon et autres commentaires

J’ai rejoint les programmes internationaux de la JSPS par le biais d’une bourse de recherches post-doctorale qui m’a été accordée en 2009. Dépôt des dossiers au mois d’avril, réponse en Juillet : tout est allé très vite et j’ai posé le pied sur le sol japonais une quinzaine de jours seulement après avoir soutenu ma thèse. Là-bas, j’ai été accueilli à la sortie de l’avion par le responsable de mon futur groupe de recherches, le Dr. Yo Shimizu, et un de ses étudiants M. Yasuo Miyake.

Dès le premier instant, Yo shimizu s’est particulièrement impliqué dans son rôle de chercheur hôte. En plus de s’assurer que mon installation se déroule parfaitement, de pourvoir à tous mes besoins professionnels, Yo a également mis un point d’honneur à me faire découvrir tous les aspects de la vie japonaise (les traditions culinaires, les festivals, les sports d’hiver à Nagano, les richesses culturelles, historiques, etc.). Je lui suis reconnaissant d’avoir pris le temps de toujours apporter une réponse appropriée à mes questions – nombreuses ! – sur les traditions et la langue japonaise ; son dévouement et sa grande disponibilité m’ont permis de profiter pleinement de mon séjour.

J’ai également eu la chance de pouvoir conduire mes recherches au sein d’une équipe à la pointe de son domaine et d’avoir été entouré de collègues fiables, travailleurs et sympathiques, à la fois pleinement dédiés à leurs recherches et prompts à rendre service.

Au final, je ne suis pas resté très longtemps au Japon mais j’espère que mes étudiants auront cette opportunité. Mon séjour n’aura duré que dix mois (je suis rentré en France parce que j’ai eu la chance d’obtenir un poste de Maître de Conférences à l’Université de Bourgogne). Au travers de ce témoignage, je souhaiterais encourager les étudiants qui désirent effectuer un post-doctorat à saisir l’opportunité qui leur est offerte de poursuivre leurs recherches au Japon, grâce aux programmes d’échanges de la JSPS. C’est une occasion formidable de découvrir un pays riche d’une tradition millénaire très différente de la culture occidentale et l’opportunité de nouveaux échanges susceptibles de s’ouvrir sur des collaborations fructueuses entre nos deux pays. 

Why did you choose Japan for your research?

J’ai eu l’opportunité de me rendre au Japon pour donner une conférence en décembre 2008 dans le cadre d’un échange entre mon laboratoire à Strasbourg et le laboratoire du professeur Naotake Nakamura de l’université de Kusatsu, Kyoto. C’était pour moi une expérience formidable que j’ai voulu renouveler pour une plus longue période. 

What are the differences between Japan and your country? (both in research and in daily lives)

Tout est différent. De la manière de saluer ses collègues le matin, de prendre congé d’eux le soir, jusqu’aux repas à la cantine. Nous ne conduisons pas nos recherches de la même manière, nous n’appréhendons pas l’autre de la même façon, mais nous avons en commun notre volonté de progresser dans nos recherches et de communiquer ensemble. 

What was the most impressive thing happened to you while you were in Japan?

J’ai par dessus tout pu apprécier la gentillesse des gens, toujours prêts à tout pour rendre service. Je me souviens d’une fin de journée en montagne où après avoir longuement cherché l’un des rares bus retournant en ville, j’ai fini par poser la question au gérant d’un refuge sur mon chemin. Il ne parlait pas anglais et mes rudiments de Japonais ne m’ont pas permis de comprendre ce qu’il tentait activement de m’expliquer. Devant cette situation bloquée, j’ai vu cet homme sortir rapidement de son restaurant en me faisant signe de le suivre et s’engager promptement dans une petite route de montagne tortueuse. Lui, en costard cravate, moi, chargé de mes affaires de randonnée, nous avons couru pendant près d’un quart d’heure avant de rejoindre le bus, que j’ai pu prendre de justesse. Ce qu’il essayait de me dire dans son auberge, c’est que si je ne me dépêchais pas de trouver l’arrêt, j’allais manquer la dernière navette de la journée….

Messages to the future fellows

N’hésitez pas.
Ne ratez pas cette chance.
Le Japon est un pays ancien riche en culture, histoire et traditions qu’on ne peut vraiment découvrir qu’en y résidant. Longtemps. 

 

Postdoctoral Fellowship (Standard) (Thierry NOGUER)

JSPS visite : Université de Perpignan Via Domitia (9 octobre 2012)       

Nom : Thierry Noguer
Poste actuellement occupé : Professeur des Universités, Directeur du Laboratoire IMAGES
Programme JSPS : JSPS Postdoctoral Fellowship (Standard)
Durée : du janvier 1998 au juin 1999
Sujet de recherche : Biocapteurs et environnement
Poste d’accueil au Japon :  (Institution) RCAST, Université de Tokyo, (Chercheur) Professeur Isao Karube

1. Présentation de votre institut

Le laboratoire IMAGES (EA4218) est une unité de recherché associée de l’Université de Perpignan Via Domitia don’t les activités de recherche sont centrées sur l’étude de l’environnement et le développement d’outils d’analyse et de modélisation innovants. Les axes de recherhce sont les suivants :

AXE 1 : 
Acidification Mer Méditerrannée
- Mesures de pression partielle du CO2, de CO2 total et d’alcalinité totale dans la mer méditerranée
- Estimations de la pénétration du CO2 anthropique dans la mer méditerranée
- Estimations de l’acidification de la mer méditerranée

Etude des Impacts des activités anthropiques sur la qualité des eaux lagunaires ou fluviatiles 
- Evaluation de la qualité des eaux par analyses des nutriments, de la matière organique dissoute, de la biomasse végétale.
- Suivi des rejets de station d'épuration par un marqueur fluorescent spécifique (Tryptophane)
- Caractérisation par fluorescence de la matière organique naturelle

AXE 2  : Nouveaux outils analytiques
Développement de capteurs et biocapteurs (enzymatiques, immunologiques, aptamériques…) pour la détection rapide et in situ de polluants naturels et anthropiques :
- pesticides
- métaux lourds
- toxines cyanobactériennes 
- hormones…

2. Expériences au Japon et autres commentaires

J’ai effectué mon stage post-doctoral au RCAST, dirigé par le Prof Isao Karube. Mon tuteur recherche, qui est devenu un ami depuis, était le Dr Satoshi Sasaki. Lors de mon séjour, j’ai travaillé au développement d’un immunocapteur pour la detection de pesticides base sur la technologie de résonance de plasmon de surface (SPR). Un plasmon de surface est un champ magnétique évanescent généré à la surface d'un conducteur métallique (généralement Ag ou Au) sous l'action d'un rayon lumineux à un angle d'incidence particulier. En conditions de réflexion totale, un plasmon de surface se traduit par un pic de diminution de l'intensité de la lumière réfléchie quand l'angle d'incidence est varié. Cet angle critique, appelé angle SPR, est très sensible à la constante diélectrique du milieu adjacent à la surface métallique, il est donc très affecté par la fixation d'analytes (par exemple des antigènes) sur la surface du matériau. Un immunocapteur à détection SPR est un dispositif SPR modifié à l'aide de réactifs immunologiques (anticorps ou antigènes). La fixation de l'antigène sur l'anticorps induit une modification de l'indice de réfraction qui se traduit par un déplacement de l'angle SPR.
Durant mon séjour, j’ai rencontré un certain nombre de scientifiques avec lesquels j’ai conservé des relations professionnelles, les Dr Sasaki (Tokyo University of Technology) et Mitsubayashi (Tokyo Dental University) ont ainsi bénéficié de séjours de Professeurs invités dans notre laboratoire. Dans le cadre d’une collaboration avec le professeur Prof. K. Sode (Tokyo University of Agricultural And Technology), Melle Akane Sakaguchi a réalisé une partie de son travail de thèse dans notre laboratoire (2003-2004), elle a travaillé sur la détection électrochimique de l’activité fructosylamine oxydase).

Je garde un excellent souvenir de mon séjour japonais, j’ai eu l’occasion de rendre visite à mes collègues japonais en 2002, je n’ai malheureusement pas eu la chance de pouvoir y retourner depuis.

JSPS OB Témoignage

Nom : Philippe Langlois
Poste actuellement occupé : Professeur 
Programme JSPS : Invitationl Fellowship
Durée : 15 jours en octobre 2004
Sujet de recherche : Différentiation automatique
Poste d’accueil au Japon : (Institution) Chuo University, (Chercheur) Professeur Koichi Kubota

1. Présentation de votre institut 

DALI est l'équipe de recherche en informatique de l'Université de Perpignan.
Elle est aussi une des équipes-projet du LIRMM, laboratoire régional en informatique, robotique et micro-électronique de Montpellier, UMR CNRS 5506.
Les chercheurs de DALI contribuent à l'amélioration de la qualité numérique et de la performance des calculs intensifs et embarqués.

2. Expériences au Japon et autres commentaires 

Lors de ce séjour de recherche, j'étais accompagnée de Nathalie REVOL, Chargée de Recherches Inria, ENS Lyon.

1- Visite dans le laboratoire du Prof. K. Kubota, Chuo University, Tokyo.

Nous avons donné 2 séminaires, puis participé à des classes de Master du Prof. Kubota. Nous avons effectué plusieurs séances de travail communes pour mieux connaitre les travaux et les développements logiciels du Prof. K. Kubota.

2- Visite et conférence SCAN 2004 à la Faculté de Mathématiques, Université de Kyushu, Fukuoka.

Nous avons profité de notre séjour pour assister à la Conférence SCAN 2004 et visiter la Faculté de Mathématiques de l'Université de Kyushu.
Au delà de l'intérêt purement scientifique qui motivait cette visite, ce séjour dans deux cadres académiques différents nous a permis de mieux appréhender le monde universitaire japonais, son fonctionnement et d'initier plus facilement d'autres contacts. Nous avons ainsi ensuite pu facilement développer des collaborations, par exemple avec le laboratoire du Prof. Oishi, Waseda University. Ces collaborations ont entre autres permis des visites et des séjours longs de plus jeunes collègues des deux équipes (séjours de Prof. invités de MM. Oishi, Ogita, Graillat, invitation du Prof. Langlois).



Université du Havre (20 septembre 2012)

JSPS OB Témoignage

Nom : Jorge PEIXINHO
Poste actuellement occupé : Chargé de Recherche CNRS
Programme JSPS : Postdoctoral Fellowship
Durée : 2006-2008
Sujet de recherche : Bubble behaviour in pipe flow
Poste d’accueil au Japon : (Institution) Université de Tokyo, (Chercheur) Professeur Yoichiro MATSUMOTO

1. Présentation de votre institut

Laboratoire Ondes et Milieux Complexes, Unité Mixte de Recherche CNRS et Université du Havre

2. Expériences au Japon et autres commentaires

J’ai effectué un stage post-doctoral à l’université de Tokyo (2006-2008). Le mode de vie au Japon est surprenant et le quotidien est embelli par des défis que pose la communication. Les cours de japonais sur le campus sont fort utiles ! Le Japon, c’est aussi une autre nature et une autre alimentation, une autre géographie et une autre architecture ; ce pays possède une culture si riche avec des sources d’eau chaude, des arts martiaux, des statues bouddhistes, etc.

Vue de France, la recherche japonaise est originale et résolument tournée vers les applications. C’est bien normal au pays des robots ! Au laboratoire, les moyens technologiques sont importants et l’environnement scientifique est très intéressant. Il faut proposer un projet de recherche pour ensuite s’intégrer dans un laboratoire d’accueil. On apprend à être acteur de sa recherche et à être autonome. C’est important car les professeurs ont des nombreuses obligations et beaucoup d’étudiants.

Etant initialement un expérimentateur, il m’a fallu apprendre de nouvelles techniques et les méthodes de simulations numériques ; j’ai aussi dû m’adapter dans un laboratoire forcement pluridisciplinaire. Il y a aussi eu des rencontres avec des collègues fortement atypiques que j’ai retrouvés dans les conférences. Bref, mon expérience au Japon m’a apporté un peu plus de maturité avant le post-doc suivant…

The engineering building where the host laboratory is located The Yasuda auditorium, which is the name of the iconic clock tower building of the university of Tokyo

 

The engineering building where the host laboratory is located
The Yasuda auditorium, which is the name of the iconic clock tower building of the university of Tokyo


EHESS - L'École des hautes études en sciences socials (12 avril 2012)

JSPS OB Témoignage

Nom : Xavier PAULES
Poste actuellement occupé : Maître de conférences à l’EHESS
Programme JSPS : Postdoctoral Fellowship
Durée : 2 ans (du 23 octobre 2005 au 5 septembre 2007 )
Sujet de recherche : L’opium et les jeux de hasard en Chine du sud
Poste d’accueil au Japon : (Institution) Université de Tokyo , (Chercheur) Takamizawa Osamu

1. Présentation de votre institute/ laboratoire

Institut de la Culture orientale (Université de Tokyo)

Cet Institut regroupe des chercheurs de disciplines diverses qui travaillent sur l’Asie. Ce sont tous des spécialistes reconnus et les échanges avec eux ont été très riches. L’Institut est doté d’une remarquable bibliothèque que j’ai beaucoup utilisée durant mon post-doc au Japon.

2. Expériences au Japon et autres commentaires

J’ai choisi de faire un post-doc au Japon car le niveau des études historiques sur la Chine y est tout à fait remarquable et d’autre part, la maîtrise du japonais est un vrai atout pour un spécialiste de l’histoire de la Chine. De ce point de vue, mon séjour au Japon a été particulièrement utile et je n’ai jamais regretté ce choix. Les conditions proposées (sur le plan intellectuel et matériel) pour mener des recherches sont tout à fait remarquables.

L’expérience de la vie au Japon est particulièrement riche et intéressante.

Même si tout est fait pour aider les gens qui ne parlent pas le japonais, il me semble indispensable de chercher à apprendre cette langue.

La seule réserve que j’ai concernant mon post-doc concerne le fait que certains chercheurs renommés sont très difficiles d’accès. Mais ce n’est pas propre au Japon.


Université Paris Descartes (14 septembre 2011)

JSPS OB Témoignage (Université Paris Sorbonne)

Nom: Sophie BUHNIK
Poste actuellement occupé : Chercheuse invitée (décembre 2012)
Programme JSPS : Summer Program (2010) puis Postdoctoral Fellowship (2012-2013)
Durée : 15 juin-25 août 2010, puis 1 an (du 17 avril 2012 au 16 avril 2013)
Sujet de recherche : Déclin urbain, mobilités et accès aux ressources urbaines dans l’aire métropolitaine d’Osaka.
Poste d’accueil au Japon : 2010 : (Institution) Université Municipale d’Osaka (Osaka shiritsu daigaku), Graduate School for Creative Cities (Chercheur) Prof. YAHAGI Hiroshi
2013 : (Institution) Université Ritsumeikan à Kyoto, Ecole Doctorale de Sciences Politiques, Politiques Publiques (Graduate School of Public Policy) (Chercheur) Prof. KAMO Toshio

Expériences au Japon et autres commentaires

Pourquoi avoir choisi le Japon ?

Depuis l’adolescence, j’éprouvais un vif intérêt pour la société japonaise, même si jusqu’à mon année de Master 2 en géographie et urbanisme, envisager sérieusement un projet de recherche en géographie avec le Japon pour terrain était délicat : coût des déplacements, apprentissage de la langue, absence de liens familiaux dans l’archipel… A fortiori si le laboratoire de rattachement en France n’est pas spécialisé dans les études japonaises ou l’aire culturelle Asie orientale.

Cependant, grâce au soutien de mon laboratoire et de mon université (C.R.I.A, UMR Géographie-cités, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et à mon implication dans un réseau de recherche international sur les villes en « décroissance » démographique, économique et sociale (shrinking cities), le Japon s’est imposé comme un terrain d’étude novateur, parce qu’il offre un autre regard sur des conceptions de la ville établies à partir de référents d’origine anglo-saxonne et européenne. Du fait de sa structure démographique et des politiques d’adaptation au vieillissement des citadins que les municipalités japonaises doivent aujourd’hui mettre en œuvre, le Japon contemporain représente en outre un terrain exploratoire dans l’analyse des problématiques que j’étudie : les questions d’accès aux ressources urbaines (services, équipements…) rencontrés par une population citadine vieillissante et en déclin numérique, et les enjeux posés par ce phénomène aux acteurs publics et privés impliqués dans l’aménagement de ces territoires. C’est dans le cadre préalable de ce réseau que j’ai rencontré mes futurs professeurs hôtes ou hosts, qui ont soutenu ma candidature aux programmes de la JSPS. 

Différences entre le Japon et la France (dans la vie quotidienne et la recherche)

Les chocs culturels perçus par les chercheurs français vont dépendre en grande partie de leurs expériences passées au Japon et en Asie et de la région où se trouvera leur laboratoire d’accueil. Les variations régionales sont en effet aussi importantes au Japon qu’en France.

Aux yeux d’un habitant de la région parisienne, la vie quotidienne dans une ville japonaise crée paradoxalement un moindre choc culturel que l’expérience du quotidien dans une ville américaine moyenne : la densité des réseaux de transports en commun et de l’offre en commerces et services permet de se déplacer régulièrement à pied ou en vélo, n’obligeant pas à posséder de voiture, sauf en milieu rural. Quelle que soit la ville, on est généralement frappé par la propreté des rues japonaises, la patience des habitants, le grand nombre de passagers qui s’assoupissent dans les transports en commun…

Après plusieurs séjours au Japon, on devient plus sensible aux différences entre Tokyo, Osaka et Kyoto qu’aux différences entre le Japon et la France. Kyoto, plus provinciale en apparence, donne toutefois l’occasion de pratiquer des activités variées et d’atteindre plus aisément d’autres endroits du Kansai chargés d’histoire, comme Nara, ou la magnifique baie de Wakasa. Grâce à un séjour d’un an, on s’aperçoit aussi de la plus grande attention que les Japonais accordent au passage des saisons : les produits proposés dans les supermarchés, les menus des restaurants, les vitrines des magasins, les décorations mises par les habitants au coin des rues, changent remarquablement les paysages au fil des mois.    

- Du point de vue scientifique et académique, j’ai d’abord été touchée par la qualité de l’accueil réservé, et le confort dans lequel j’ai pu mener mes recherches : un bureau personnel dans la salle des graduate students d’un des campus de Ritsumeikan (photo 1), l’accès à de nombreux logiciels et bases de données dans les salles informatiques et les bibliothèques. Celles-ci, à l’Université municipale d’Osaka comme à l’Université Ritsumeikan, sont pensées pour favoriser le travail individuel et le travail collaboratif, sans que les salles ne deviennent pour autant bruyantes car les étudiants sont très calmes.

Photo 1 : dans la salle des doctorants de l’Université Ritsumeikan, sur le campus de Suzaku à Kyôto (novembre 2012).

J’ai apprécié l’ambiance chaleureuse des laboratoires, le fait de se déchausser à l’entrée de certaines salles renforçant le sentiment de se sentir chez soi !
Une fois passée la période « d’installation », on prend finalement conscience des grandes similitudes dans la vie des laboratoires de géographie français et japonais. Ainsi, en dépit des énormes quantités de chiffres publiés par les bureaux nationaux de la statistique ou les services attitrés des ministères, la question de « l’open source » et de l’accès à des données dites « sensibles » à un niveau géographique suffisamment fin, importe autant à un laboratoire français que japonais et engendre de lourds enjeux financiers (acquisition des données), légaux (obtention des autorisations d’accès) et sociétaux. Et il ne s’agit pas du seul point commun qui vous offrira de longues heures de discussions passionnantes avec vos collègues !

La chose la plus impressionnante qui me soit arrivée au Japon

La possibilité, offerte par la JSPS aux lauréats de la bourse doctorale, de gérer soi-même un budget uniquement dédié à ses recherches à côté de l’allocation mensuelle qui répond aux besoins de la vie quotidienne, a fait considérablement avancer mes recherches : pour l’achat de données, la transcription d’interviews voire l’organisation d’un séminaire. Cela m’a aussi donné une idée plus concrète des tâches logistiques et financières qu’un laboratoire ou un chef de projet scientifique doit assumer. Aucune autre bourse ne m’avait offert jusque-là cette opportunité. Ce budget autorise aussi à « engager » un assistant, de sorte que j’ai pu collaborer plus étroitement avec un étudiant de l’université Ritsumeikan projetant lui aussi de devenir enseignant-chercheur au Japon après une expérience dans un laboratoire étranger. Il en a résulté des échanges scientifiques, des mises en réseau et des projets d’écriture d’articles ou de recherche ultérieurs qui n’auraient pu être envisagés sans la JSPS. 

Dans la vie quotidienne à Kyoto et à Osaka, j’ai été particulièrement impressionnée par la ferveur qui accompagne la célébration des jours les plus importants, comme le Gion-matsuri en juillet (photo 2) et l’O-Shogatsu (Premier de l’an). On peut alors participer à la perpétuation de rites avec des amis japonais et non-japonais : visiter Gion pendant les fêtes, ou boire de l’amazaké et prier dans des temples bondés lors du premier de l’An. Selon les capacités d’accueil des facultés, vous séjournerez peut-être dans une maison des étudiants qui vous informe de l’organisation d’évènements culturels ou de dîners pour les étudiants et chercheurs (photo 3).

 

Photo 2 : les rues du centre de Kyoto pendant le Gion-matsuri, préparez-vous à avoir chaud ! (juillet 2012)
Photo 3 : barbecue pour fêter la fin du printemps, dans la cour de l’International House II de l’Université Ritsumeikan (mai 2012)